Chroniques·Livres

Désaxé : beaucoup de bruit pour peu, très peu.

Après l’avis dithyrambique de mon collègue, je me suis lancée dans ce polar suédois sans hésitation et ce, malgré le fait que c’était le dernier tome de la série de l’auteur (edit : ça ne gêne pas du tout la lecture). Car avouez-le, la couverture bien flippante donne vraiment envie, n’est-ce pas ? 🙂 En tout cas, elle me donnait le ton avant même d’avoir ouvert le bouquin.

Sur une vidéo anonyme adressée à la police criminelle, une femme est en train d’enfiler son collant, probablement filmée à son insu. Le lendemain, elle est retrouvée assassinée à coups de couteau. Lorsqu’elle reçoit une deuxième vidéo, la police panique à l’idée d’avoir un train de retard sur le meurtrier. Tout est mis en oeuvre pour identifier la prochaine victime. En vain. Puis le même scénario se répète… et les cadavres se multiplient : un tueur en série voyeuriste balance ses exploits sur internet juste avant de passer à l’acte. Et la police est dans l’impasse.
Un nouveau meurtre survient : cette fois les enquêteurs découvrent sur place un homme en état de choc. Il a nettoyé la maison de fond en comble avant d’allonger confortablement le corps mutilé de sa femme dans le lit conjugal, mais ne se souvient plus de rien.
Pour forcer les barrages de la mémoire, la police fait appel au Dr Erik Maria Bark. L’hypnotiseur va reprendre du service, pour la première fois depuis très longtemps, loin de se douter que ses découvertes l’entraîneront dans une dangereuse spirale mensongère qui pourrait s’avérer fatale.

Or malgré ce bon élément, j’en suis ressortie déçue. J’attendais un thriller flippant et très dérangeant mais ce ne fut pas le cas.

Pour commencer, il faut savoir que les polars scandinaves sont très axés psychologie, chose que je savoure particulièrement – car oui j’adore rentrer dans la tête des psychopathes ou dans celles de personnages vraiment particuliers… qui a dit bizarre !? Mais j’apprécie moins quand les personnages sont prétexte à l’analyse de la société, ou tout du moins quand ils ne sont utilisés que pour ce côté sociologique. Ce reflet de la société, j’aurais pu ne pas le remarquer s’il n’avait pas été aussi omniprésent voire étouffant. On le ressent dans l’utilisation qui est faite des personnages et dans le découpage narratif du livre. On alterne de [trop] nombreux points de vue, où chaque personnage raconte sa vie (de couple, boulot, sexe au choix) alors qu’il aurait mieux fallu se concentrer sur deux ou trois personnages/référents à fort potentiel comme Joona le flic et Erick l’hypnotiseur; au lieu de ça, l’action et l’intrigue ont traîné en longueur. J’ai plus remarquer les personnages inutiles que le tueur, c’est pour vous dire.

En parlant des personnages, certains m’ont littéralement gavé : la flic enceinte et inutile, juste là pour faire de la figuration ou faire avancer l’action quand c’est nécessaire (comme une sorte de joker quand on ne peut plus avancer); un personnage sans consistance donc. Citons également Erick, l’hypnotiseur qui fut peut-être un de mes personnages préférés (pour le choix qu’on avait…) mais qui n’est pas exempt de défaut trèèès agaçants. Car oui, avec lui, on verse très souvent dans le pathos, c’est-à-dire dans le déversement parfois continu de sentiments (mièvres ou pas), de période d’apitoiement et de manque de volonté (au secours LES passages où il se met martel en tête pour avouer…). Par contre lorsqu’il pratiquait l’hypnose, c’était les seuls moments palpitants de l’histoire – je n’exagère presque pas. Malheureusement rares furent ces occasions.
Ajoutons également Joona, le flic de choc – qui débarque dans l’histoire de manière assez rocambolesque grâce à deux personnages totalement inutiles – assez froid, très intuitif et expert en combat : un inspecteur comme je les aime. Et pourtant même lui, malgré une base intéressante, je l’ai trouvé inachevé, inabouti. 

Quant à l’intrigue elle-même, elle était pas mal, bien ficelée et assez catchy pour me faire continuer ma lecture. Mais là encore, j’ai trouvé le tout décevant, la conclusion insatisfaisante et surtout l’épilogue mièvre au possible pour un polar.

En conclusion, j’ai eu l’impression pendant ma lecture de lire un polar à l’eau de rose voire même de voir un épisode des « Feux de l’amour » remastérisé à la sauce thriller. Car malgré une intrigue alléchante au possible, la multitude de narrateurs en manque de journal intime, parfois [souvent] inutiles ou pas exploité jusqu’au bout, a ralenti la dynamique de départ du roman et l’a rendu indigeste et décevant.

Desaxe_kepler


Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Au contraire vous avez adoré ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire ! <3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *